Et si vous pouviez traverser une métropole entière à vélo, par 50°C, sans verser une goutte de sueur ? C’est le pari fou de Dubaï avec “The Loop”, une piste cyclable monumentale et climatisée. Entre prouesse technologique et aberration écologique, ce projet de 93 kilomètres soulève un débat planétaire sur l’avenir de nos villes.
L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans le monde de l’urbanisme. Alors que la plupart des villes tentent de planter des arbres pour rafraîchir leurs rues, l’émirat de Dubaï a dévoilé son intention de construire The Loop, une structure de verre futuriste destinée à abriter une “autoroute climatique” pour piétons et cyclistes. Derrière ce design digne d’un film de science-fiction se cache une ambition claire : faire de Dubaï la ville la plus connectée au monde à pied et à vélo d’ici 2040.
Un projet pharaonique signé URB
Conçu par le cabinet d’architecture URB, spécialisé dans les villes durables, The Loop n’est pas une simple piste cyclable. Il s’agit d’un ruban de verre de 93 kilomètres de long qui encerclera la ville, reliant les principaux quartiers résidentiels aux centres d’affaires.
L’objectif affiché par les autorités est de permettre à 80 % des résidents de se rendre au travail en mode de transport “doux” (marche ou vélo). Actuellement, la ville est dominée par les SUV et les autoroutes géantes, rendant tout déplacement non motorisé quasiment impossible durant les mois d’été où les températures dépassent régulièrement les 45°C.
Les chiffres clés de The Loop :
- Longueur : 93 km de structure fermée.
- Capacité : Environ 3 millions d’utilisateurs quotidiens attendus.
- Énergie : Alimenté par des sources 100 % renouvelables.
- Services : Espaces de fitness, hôtels de luxe intégrés et fermes verticales pour assurer la sécurité alimentaire urbaine.
Innovation ou Greenwashing ? Le cœur de la polémique
Si le projet séduit par son esthétique, il est la cible de vives critiques de la part des experts en environnement. Le point de friction majeur ? La climatisation.
Le paradoxe de la climatisation en plein désert
Maintenir une température agréable à l’intérieur d’une bulle de verre de 93 km sous le soleil de plomb des Émirats nécessite une quantité d’énergie colossale. Pour les détracteurs, construire une structure artificielle pour se protéger d’un climat rendu extrême par le réchauffement climatique est un non-sens écologique. Ils y voient une forme de greenwashing, une vitrine technologique cachant une dépendance persistante au béton et au verre.
L’énergie cinétique comme solution
Pour répondre à ces critiques, URB affirme que The Loop sera neutre en carbone. Le sol de la piste sera composé de dalles cinétiques capables de récupérer l’énergie produite par les pas des piétons et le passage des vélos. Cette électricité, complétée par d’immenses parcs solaires, alimenterait le système de refroidissement et l’éclairage.

Vers une “ville du quart d’heure” à la sauce Dubaïote
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan Directeur Urbain Dubaï 2040. L’idée est de transformer la métropole en une “ville du quart d’heure”, où chaque habitant a accès à ses besoins essentiels (travail, loisirs, santé) en moins de 15 minutes de marche ou de vélo.
Cependant, contrairement aux villes européennes comme Paris ou Amsterdam qui adaptent l’existant, Dubaï choisit la voie de la bulle technologique. Là où d’autres prônent la sobriété, Dubaï parie sur la technologie pour contourner les contraintes naturelles.
Pourquoi ce sujet fait polémique ?
Si ce projet fascine autant, c’est qu’il touche à trois piliers de l’intérêt public actuel :
- Le futur de la mobilité : Comment vivrons-nous dans les villes de demain ?
- L’urgence climatique : La technologie peut-elle nous sauver du chaos thermique ?
- L’extraordinaire : Dubaï continue de repousser les limites du possible, générant à la fois admiration et rejet.

Conclusion : Une vision qui interroge
The Loop est bien plus qu’une piste cyclable. C’est un test grandeur nature pour l’urbanisme du XXIe siècle. Réussira-t-il à convertir les automobilistes de Dubaï en cyclistes convaincus ? Ou restera-t-il un monument de verre coûteux et énergivore ?
Une chose est sûre : alors que les travaux devraient débuter prochainement pour une livraison par phases, le monde entier garde les yeux rivés sur cette boucle de verre qui pourrait redéfinir la notion de développement durable dans les environnements extrêmes.
Je suis Nicolas, un trentenaire vibrant d'une passion débordante pour le vélo sous toutes ses facettes. Depuis plus de 10 ans, ma vie est rythmée au son des roues qui tournent, m'amenant à parcourir des milliers de kilomètres à travers le monde. Cette expérience m'a forgé une expertise que je souhaite aujourd'hui partager avec vous.
Mon parcours m'a conduit sur les routes françaises, notamment la vélodyssée lors d'un périple d'un mois qui a marqué le début de ma "carrière" de voyageur à vélo.
Ces expériences m'ont non seulement permis de tester mes limites, mais aussi d'acquérir des connaissances approfondies en mécanique vélo. Titulaire d'un CQP Technicien Cycle, je propose désormais des formations et rédige des articles techniques pour aider les cyclistes de tous niveaux.
Mon expertise s'étend également au cyclotourisme, au bikepacking et à l'utilisation du vélo en milieu urbain. Je suis convaincu que le vélo est le moyen de transport le plus efficace, économique et écologique pour nos déplacements quotidiens.
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